Saint-Gilles, « Porte de la Camargue », Cité d’Art Roman,
haut lieu de pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle
et de Saint-Pierre de Rome. Le plateau où s’élève aujourd’hui
Saint-Gilles a été occupé dès la plus haute antiquité, et même
vraisemblablement à l’époque préhistorique. A l’époque romaine
existaient sur notre terroir des latifundia comme l’attestent des
découvertes archéologiques, cubes de mosaïques, fragments d’autels,
stèles votives, sarcophages… Du Vème au IXème siècle, cette
communauté située sur une marche frontière, souffrit des exactions
militaires et vit le déferlement des Goths et des Sarrasins. A la fin
du VIIème siècle, l’ermite Gilles fonda un monastère bénédictin
et une église portant le vocable de Saint-Pierre. Au IXème siècle, l’Abbaye
de Saint-Pierre et Saint-Paul entra dans l’histoire et jouit d’une
réputation due aux miracles réalisés par son fondateur. Les pèlerins
affluèrent et le bourg prit un essor qui fit de lui une capitale de la
France méditerranéenne à partir du XIIème siècle, siècle qui vit
la construction de l’Abbatiale dont nous possédons encore les
vestiges. Mais les pèlerins ne furent pas la seule raison de
prospérité de la ville. La présence de quatre ports élargissant les
échanges commerciaux avec l’Europe et la protection des Comtes de
Toulouse furent également des éléments très importants du
développement et du rayonnement de la cité. En 1101, les Hospitaliers
de Saint-Jean de Jérusalem obtinrent l’autorisation de fonder un
établissement à Saint-Gilles de même que les Templiers vers 1135. En
1208-1209, Saint-Gilles fut impliquée dans l’affaire cathare, avec l’assassinat
du légat du Pape, Pierre de Castelnau, et la « pénitence »
du Comte Raymond VI de Toulouse qui déclencheront la croisade contre
les Albigeois. La tranquillité de la cité fut également troublée par
les Guerres de Religions: la Réforme fit son apparition à Saint-Gilles
vers le milieu du XVème siècle et il s’ensuivra près d’un siècle
de luttes fort dommageables pour le patrimoine architectural de la
ville. Épuisée et ruinée par ces guerres, puis par la révolution, la
Cité s’engourdit peu à peu. Aujourd’hui, Saint-Gilles attire de
nombreux visiteurs qui découvrent la richesse iconographique de la
façade médiévale de son église Abbatiale, la pureté architectonique
de son escalier en vis, la beauté recueillie de son immense Crypte, qui
flânent dans les ruelles ensoleillées bordées de maisons aux pierres
ouvragées, et qui partent de son port pour découvrir, en bateau, la
Camargue. Parallèlement l’essor de l’arboriculture sur la
Costière, les immenses vergers de pêchers et abricotiers, une
viticulture en pleine renaissance avec des crus classés dans les
Costières de Nîmes, viennent équilibrer les importantes rizières qui
font la richesse des zones humides aux Portes de la Camargue.